Changement climatique : le ferroviaire face à une nouvelle réalité opérationnelle
Restriction de vitesse, risques sur la santé des conducteurs de trains et des opérateurs de maintenance, débris sur les voies à cause de tempêtes, risque accru de glissement de terrain après de fortes précipitations… Autant de conséquences sur l’infrastructure ferroviaire du réchauffement climatique.
C'est le constat dressé par la Commission économique des Nations unies pour l'Europe (CEE-ONU), qui rassemble 56 pays d'Europe, d'Amérique du Nord, du Caucase et d'Asie centrale. Dans un récent rapport consacré à la résilience des systèmes de transport, l'organisation identifie les infrastructures les plus exposées aux risques climatiques et appelle les États à accélérer leur adaptation.
Comme l'a rappelé le porte-parole de la CEE-ONU, Jean Rodriguez, « le récent épisode de chaleur extrême observé en Europe occidentale a mis en évidence les risques climatiques ainsi que les effets et les conséquences qu'ils peuvent avoir sur les infrastructures de transport ».
Un risque déjà bien réel pour l'exploitation ferroviaire
Le rapport est sans ambiguïté : le changement climatique n'est plus un risque futur, mais une contrainte opérationnelle à laquelle les gestionnaires d'infrastructures et les entreprises de travaux sont déjà confrontés.
Les conséquences dépassent largement les seuls dommages matériels. Elles affectent directement la performance du réseau avec :
Des infrastructures conçues pour un climat qui n'existe plus
Le rapport rappelle que la majorité des infrastructures ferroviaires ont été dimensionnées à partir de références climatiques historiques qui ne correspondent plus aux conditions actuelles.
Cette évolution se traduit par :
Le message est clair : adapter les infrastructures au moment de leur conception ou de leur renouvellement coûte moins cher que réparer les conséquences d'événements climatiques extrêmes.
Une priorité pour la France : accélérer la régénération et renforcer la résilience
Pour la France, les conclusions de la CEE-ONU confortent plusieurs orientations stratégiques.
La première consiste à accélérer la régénération du réseau ferré afin d'éviter que la dégradation climatique ne fasse exploser les coûts de maintenance dans les années à venir.
La seconde est d'intégrer systématiquement les enjeux de résilience climatique dans les opérations de renouvellement des voies, des ouvrages d'art, des plateformes ferroviaires ou encore des systèmes de drainage, afin d'éviter des adaptations beaucoup plus coûteuses après coup.
Le rapport souligne également la nécessité de renforcer les capacités de maintenance préventive et de surveillance, en ciblant en priorité les secteurs les plus exposés aux fortes chaleurs, aux inondations et aux mouvements de terrain.
Enfin, les impacts du changement climatique concernent aussi les matériels de travaux ferroviaires et les conditions d'exploitation des chantiers. Leur disponibilité, leur performance et la sécurité des personnels devront être prises en compte dans les stratégies d'adaptation.
Investir aujourd'hui pour éviter les coûts de demain
La principale conclusion du rapport est sans appel : le coût de l'inaction sera supérieur à celui de l'adaptation.
Dans un contexte où les épisodes climatiques extrêmes deviennent plus fréquents et plus intenses, chaque opération de régénération représente désormais une opportunité de renforcer durablement la résilience du réseau.
Pour la filière ferroviaire, l'enjeu dépasse donc la simple modernisation des infrastructures : il s'agit de garantir la continuité du service, la sécurité des circulations et la soutenabilité économique du réseau face à un climat qui évolue plus vite que les infrastructures n'ont été conçues pour le faire.
Voies Ferrées de France - SETVF se tient à la disposition des journalistes qui souhaitent en savoir davantage sur les Travaux ferroviaires.
Nous vous invitons à nous adresser vos demandes par courriel à setvf@fntp.fr
Merci !